Former ses salariés à l’IA : que faut-il réellement leur apprendre en 2026 ?

ChatGPT, Copilot, Gemini, Claude… L’intelligence artificielle est déjà entrée dans l’entreprise, parfois avant même que celle-ci ait défini une stratégie pour l’encadrer. Des collaborateurs l’utilisent pour rédiger, synthétiser, analyser des documents, chercher de l’information ou automatiser certaines tâches. Mais savoir ouvrir ChatGPT et rédiger un prompt ne signifie pas savoir utiliser l’IA efficacement dans un contexte professionnel.

Former ses salariés à l’IA devient donc un enjeu de performance, mais aussi de maîtrise des risques et de gouvernance. L’AI Act européen renforce encore cette nécessité en faisant de la culture IA, ou « AI literacy », un sujet à prendre en compte par les organisations qui fournissent ou déploient des systèmes d’IA.

Pour les entreprises, la question n’est donc plus seulement « faut-il former nos collaborateurs à l’IA ? », mais plutôt « que devons-nous leur apprendre, à quel niveau et pour quels usages ? »

L’essentiel à retenir

Une formation IA en entreprise ne devrait pas se limiter à apprendre à utiliser ChatGPT. Un programme efficace doit permettre aux collaborateurs de comprendre les possibilités et les limites de l’IA, de maîtriser les outils pertinents pour leur métier, de protéger les données de l’entreprise, de contrôler la qualité des réponses produites et d’identifier les cas d’usage créateurs de valeur.

Depuis le 2 février 2025, l’article 4 de l’AI Act impose par ailleurs aux fournisseurs et déployeurs de systèmes d’IA de prendre des mesures en faveur d’un niveau suffisant de culture IA des personnes qui utilisent ces systèmes pour leur compte.

L’enjeu consiste donc à passer d’une formation générique aux outils d’IA à une véritable montée en compétences adaptée aux métiers et aux usages de l’entreprise.

Pourquoi former ses collaborateurs à l’intelligence artificielle en 2026 ?

L’IA générative n’est plus réservée aux équipes techniques ou aux spécialistes de la data. Marketing, commercial, ressources humaines, finance, communication, service client, direction générale : pratiquement toutes les fonctions peuvent aujourd’hui être concernées.

Le problème est que cette adoption peut être très hétérogène.

Dans une même entreprise, certains collaborateurs construisent déjà leurs propres assistants ou automatisations quand d’autres n’ont jamais utilisé un outil d’IA générative. Entre les deux se trouvent des utilisateurs réguliers de ChatGPT ou Copilot qui n’ont pas nécessairement été formés à leurs limites.

Cette situation crée plusieurs enjeux.
Enfin, l’entreprise doit éviter une adoption totalement individuelle dans laquelle chacun choisit ses outils, ses méthodes et ses règles.

Former à l’IA permet ainsi de transformer des usages dispersés en compétences professionnelles partagées.

L’AI Act oblige-t-il les entreprises à former leurs salariés à l’IA ?

L’AI Act a introduit une notion importante pour les entreprises : l’AI literacy, que l’on peut traduire par culture, maîtrise ou littératie en matière d’intelligence artificielle.

L’article 4 est entré en application le 2 février 2025. Il prévoit que les fournisseurs et les déployeurs de systèmes d’IA prennent des mesures afin d’assurer, dans toute la mesure du possible, un niveau suffisant de culture IA de leur personnel et des autres personnes utilisant ces systèmes pour leur compte.

Cette exigence doit notamment tenir compte des connaissances techniques, de l’expérience, de la formation des personnes concernées et du contexte dans lequel les systèmes d’IA sont utilisés.

Il serait toutefois réducteur de traduire cette disposition par « l’AI Act impose la même formation IA à tous les salariés ».

L’approche est davantage liée aux compétences nécessaires au regard des personnes, des outils et des usages concernés. La Commission européenne entretient d’ailleurs un répertoire de pratiques de culture IA présentant plus de 40 initiatives issues d’entreprises et du secteur public : e-learning, formations présentielles, bootcamps ou encore collaborations avec des acteurs académiques.

Pour une entreprise, cela plaide en faveur d’une démarche structurée : identifier qui utilise l’IA, pour faire quoi, avec quels risques et avec quel niveau de compétence attendu.

Pourquoi une simple formation à ChatGPT ne suffit-elle pas ?

Parce que ChatGPT est un outil. Former à l’IA suppose de développer une compétence plus large.

Une formation centrée uniquement sur une succession de prompts peut produire des résultats rapides, mais elle risque de devenir rapidement obsolète. Les modèles, interfaces et fonctionnalités évoluent très vite.

L’objectif devrait plutôt être de transmettre des méthodes réutilisables.

Un collaborateur doit notamment comprendre pourquoi une IA peut fournir une excellente réponse puis produire une information incorrecte quelques minutes plus tard. Il doit savoir fournir le bon contexte, formuler des instructions exploitables, contrôler une réponse et décider quelles tâches peuvent ou non être confiées à l’IA.

Il doit également être capable de distinguer plusieurs familles d’outils. ChatGPT, Microsoft Copilot, Claude, Gemini ou Perplexity peuvent avoir des fonctionnalités, intégrations, modèles économiques et usages différents.

Former ses collaborateurs à l’IA revient donc moins à leur apprendre un logiciel qu’à leur apprendre une nouvelle manière de travailler avec des systèmes d’intelligence artificielle.

Quelles compétences IA faut-il réellement apprendre aux salariés ?

Toutes les équipes n’ont pas besoin de devenir expertes en intelligence artificielle. En revanche, plusieurs compétences constituent un socle particulièrement utile.

Comprendre ce que fait, et ne fait pas, une IA générative

Les collaborateurs doivent disposer de notions suffisamment claires sur le fonctionnement des grands modèles de langage, leurs capacités et leurs limites.

Il est notamment important de comprendre qu’une réponse convaincante n’est pas nécessairement une réponse vraie.

Cette première étape permet d’éviter deux comportements opposés : rejeter l’IA par méconnaissance ou lui faire excessivement confiance.

Savoir dialoguer efficacement avec une IA

Le prompting reste une compétence importante, à condition de ne pas le réduire à quelques « prompts magiques ».

Les collaborateurs peuvent apprendre à préciser un objectif, fournir le contexte nécessaire, définir les contraintes, apporter des exemples, demander un format de sortie et itérer sur un résultat.

Une bonne formation doit surtout leur apprendre comment raisonner sur la formulation d’une demande plutôt que leur fournir une bibliothèque figée de prompts.

Vérifier les réponses et garder une supervision humaine

L’esprit critique devient une compétence IA.

Il faut apprendre à vérifier les faits importants, identifier les affirmations nécessitant une source, confronter les résultats et reconnaître les situations dans lesquelles une validation humaine est indispensable.

Plus l’utilisation de l’IA influence une décision importante, plus cette capacité de contrôle devient essentielle.

Protéger les données de l’entreprise

Que peut-on transmettre à une IA ? Quelles données ne doivent pas sortir de l’environnement prévu par l’entreprise ? Quelle différence existe entre un compte personnel et une solution professionnelle administrée ?

Ces questions doivent faire partie d’un programme de formation.

Les collaborateurs doivent connaître les règles internes concernant les données clients, informations commerciales, documents confidentiels, données personnelles et autres informations sensibles.

Identifier les bons cas d’usage

C’est probablement l’une des compétences les plus sous-estimées.

La valeur de l’IA ne vient pas du nombre de prompts envoyés mais des problèmes qu’elle permet de résoudre.

Un collaborateur formé doit progressivement être capable de regarder ses propres processus et de se demander : où l’IA peut-elle me faire gagner du temps, améliorer la qualité de mon travail ou me permettre de réaliser une tâche auparavant trop coûteuse ?

C’est à ce moment que la formation commence réellement à produire de la valeur pour l’entreprise.

Faut-il proposer la même formation IA à tous les collaborateurs ?

Non. Une formation IA efficace devrait combiner un socle commun et des parcours adaptés aux métiers.

Le socle commun peut couvrir le fonctionnement de l’IA générative, ses limites, les bonnes pratiques, la sécurité, les règles internes et les principes d’utilisation responsable.

Les cas pratiques doivent ensuite être adaptés.

Une équipe marketing pourra travailler sur la recherche, la création et l’adaptation de contenus, l’analyse de campagnes ou l’exploitation de données.

Les commerciaux pourront explorer la préparation des rendez-vous, la recherche sur les comptes, la synthèse CRM ou la personnalisation des approches.

Une équipe CRM pourra travailler sur la segmentation, l’analyse des données, la conception de campagnes ou l’automatisation de workflows.

Les managers auront davantage besoin de comprendre comment évaluer les opportunités, encadrer les usages et mesurer la création de valeur.

Enfin, certains profils avancés pourront apprendre à concevoir des assistants, des automatisations et des agents IA.

Le niveau de formation doit donc suivre le niveau d’usage.

Comment construire un programme de formation IA efficace en entreprise ?

Une démarche pertinente peut commencer avant même la première session de formation.

Il faut d’abord comprendre les usages existants : quels outils sont déjà utilisés ? Par quelles équipes ? Pour quelles tâches ? Avec quel niveau de maîtrise ?

Cette cartographie permet ensuite d’identifier les écarts de compétences et les principaux risques.

L’entreprise peut alors construire plusieurs niveaux de formation : acculturation générale, maîtrise opérationnelle des outils, formations métier et parcours avancés autour de l’automatisation ou des agents IA.

Mais la formation gagne surtout en efficacité lorsqu’elle part de situations réellement rencontrées par les collaborateurs.

Plutôt que de présenter 50 exemples génériques de prompts, il est souvent plus utile de travailler sur un processus existant et de déterminer comment l’IA peut l’améliorer.

Cette approche permet également d’identifier les cas d’usage qui méritent ensuite d’être industrialisés.

Pourquoi se faire accompagner pour former ses équipes à l’IA ?

Le marché de l’IA évolue trop rapidement pour que la formation se résume à transmettre une connaissance figée.

De nouveaux modèles apparaissent, les fonctionnalités changent et les outils s’intègrent progressivement aux environnements CRM, bureautiques, marketing et data.

L’accompagnement d’une agence spécialisée permet d’abord d’éviter une formation générique déconnectée des réalités de l’entreprise.

L’enjeu consiste à partir des métiers, des outils existants et des objectifs business pour déterminer quelles compétences développer et quels usages privilégier.

C’est l’approche défendue par Waisso AIO : accompagner les organisations depuis l’identification et le cadrage des cas d’usage jusqu’au déploiement de projets IA à forte valeur ajoutée.

Grâce à son expertise en IA, CRM, marketing automation, acquisition digitale, data et automatisation, Waisso AIO peut inscrire la montée en compétences dans une démarche plus large de transformation.

Une formation peut ainsi faire émerger un cas d’usage. Celui-ci peut conduire à un prototype, puis à un workflow automatisé ou à un agent IA connecté aux outils de l’entreprise.

Autrement dit, la formation devient le point de départ d’une stratégie IA opérationnelle, plutôt qu’une action isolée.

Comment passer de la formation IA à la transformation de l’entreprise ?

Former 50 ou 500 collaborateurs ne garantit pas que l’entreprise créera de la valeur avec l’IA.

L’étape suivante consiste à transformer les apprentissages en projets.

Les collaborateurs sont souvent les mieux placés pour identifier les tâches répétitives, irritants opérationnels et processus qui pourraient bénéficier de l’IA. Une formation bien conçue peut donc servir de dispositif de détection des cas d’usage.

Ces opportunités peuvent ensuite être évaluées selon plusieurs critères : valeur business attendue, faisabilité technique, disponibilité des données, risques, coûts et capacité d’intégration au système d’information.

L’entreprise peut alors concentrer ses investissements sur les projets réellement pertinents.

C’est là que la combinaison formation + conseil + expertise technique prend tout son sens : apprendre à utiliser l’IA est une première étape ; savoir où et comment la déployer permet d’en faire un levier de transformation.

FAQ : formation IA en entreprise

L’article 4 de l’AI Act impose aux fournisseurs et déployeurs de systèmes d’IA de prendre des mesures pour assurer, dans toute la mesure du possible, un niveau suffisant de culture IA des personnes utilisant ces systèmes pour leur compte. Cela ne signifie pas qu’une formation standard identique soit imposée à chaque salarié : le niveau attendu dépend notamment des connaissances, de l’expérience et du contexte d’utilisation.
Une formation IA peut couvrir le fonctionnement et les limites de l’IA générative, le prompting, la vérification des réponses, la protection des données, les règles d’utilisation internes et les cas d’usage spécifiques au métier des collaborateurs.
Il est préférable de former les collaborateurs aux principes et aux usages de l’IA plutôt qu’à un outil unique. ChatGPT peut faire partie du programme, mais les compétences acquises doivent pouvoir être transférées à d’autres solutions telles que Copilot, Claude, Gemini ou Perplexity.
Cela dépend du niveau recherché. Une session d’acculturation peut permettre d’acquérir les bases, tandis qu’une véritable montée en compétences nécessite généralement plusieurs étapes : socle commun, pratique, cas d’usage métier et accompagnement des utilisateurs avancés.
Une agence spécialisée peut adapter la formation aux métiers, aux outils et aux objectifs de l’entreprise. Elle peut également accompagner l’organisation au-delà de la formation en identifiant les cas d’usage, en choisissant les solutions pertinentes et en industrialisant les projets présentant le plus de valeur.
Le ROI ne devrait pas être mesuré uniquement par le nombre de collaborateurs formés. L’entreprise peut suivre l’adoption des outils, le temps économisé sur certaines tâches, les cas d’usage identifiés, leur taux d’industrialisation, les gains de productivité ou de qualité et la réduction des usages à risque.
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